Initiation aux Vocaloids avec un déballage de figurine.

--------------------------------------------------------------------------------

Attention
Vous êtes susceptibles de croiser des nichons dans cet article. Pour éviter 
les moments gênants, je vous conseille de poursuivre votre lecture dans un endroit 
où personne ne pourra jeter de coup d’œil furtif à votre écran.

--------------------------------------------------------------------------------


Bon, ça, c'était surtout pour vous prévenir et me préserver des mails de gens choqués pour pas grand-chose. Car honnêtement, il n'y a aucun contenu vulgaire ou dénudé, c'est juste que la protagoniste en question a juste choisi un t-shirt euh... Peu adapté à sa physionomie pourtant bien avantageuse.
*tousse tousse*
Aujourd'hui donc, j'avais envie de consacrer un article à... Une figurine que j'ai commandée sur Internet. Dit comme ça, ça ne fait pas rêver, je vous l'accorde. Sauf quand la figurine en question représente Gumi Megpoid ! Aaaaaaah je suis trop contente !!!

...

...Personne ne me suit dans mon délire, c'est ça ? Très bien, vous avez gagné une introduction sur les Vocaloids pour la peine, histoire d'enrichir votre culture (ou de faire un petit rappel pour les fans de ce domaine, car je sais qu'il y en a parmi vous).



Qu'est-ce que Vocaloid ?

Le logiciel Vocaloid, développé par Yamaha Corporation en 2004, permet de faire des musiques à partir de voix synthétisées couplées à des mélodies pré-existantes ou composées soi-même. Initialement des banques de voix, chacune est rapidement devenue une mascotte à part entière : que ça aille du nom à l'apparence, en passant par le caractère, l'âge, voire les mensurations. Etant donné que la première version du logiciel a un peu bidé à cause des voix considérées comme trop robotiques, les quatre grandes stars du domaine viennent de la deuxième génération sortie en 2007. Dites donc bonjour à Hatsune Miku, Megurine Luka, et les alter-ego Kagamine Len et Rin (souvent considérés à tort comme frère et sœur).


Il est intéressant de noter que l'image ci-dessus résume bien la proportion des genres de cet univers : il y a énormément de filles et au final, assez peu de garçons. Cependant, tous sont des adolescents ou jeunes adultes, car leur âge oscille généralement entre 14 et 21 ans. 
Les styles des musiques varient beaucoup vu que n'importe quelle personne sachant manier le logiciel peut composer ce qu'il souhaite, à condition de savoir parler un minimum anglais ou japonais. Et cette absence de contraintes artistiques fait qu'on peut tomber sur n'importe quel genre musical, même si le plus représentatif reste la J-Pop.

Pour résumer, les personnages Vocaloids sont des chanteurs virtuels, et c'est bien le mot "virtuel" qui freine leur essor en France. Sans surprise, les médias francophones sont totalement hermétiques à la culture japonaise, en particulier si le sujet a pour plateforme principale Internet. Ce qui fait que les rares fois où on en parle à la télé c'est pour s'en moquer et comparer Hatsune Miku à René la Taupe, sur un fond de mauvaise foi et de sources douteuses.

Mais bon, refermons la parenthèse "débat" pour en ouvrir une autre : à part les quatre que je viens de citer, quels Vocaloids sont populaires et lesquels le sont moins ? Difficile de répondre comme il existe des dizaines de personnages et que chaque connaisseur défend farouchement la popularité de celui qu'il préfère. En tout cas, j'ai personnellement jeté mon dévolu sur Gumi Megpoid.

(Artiste : Hatsuko)

"Née" en Juin 2009, Gumi (parfois écrit GUMI ce qui donne l'impression qu'on hurle son nom à chaque fois) fait partie de la troisième génération de Vocaloid. Elle n'a pas d'âge officiel, mais on devine qu'elle se situe plutôt en fin d'adolescence. Ses cheveux verts et ses tenues généralement orange en font un personnage à l'allure dynamique, ce qui contraste un peu avec le fait qu'elle ait une voix lisse et plutôt douce. D'ailleurs, elle est actuellement la Vocaloid avec le plus de banques de voix puisqu'elle en compte pas moins de 17 !

Son nom vient du surnom qu'avait sa donatrice de voix, Megumi Nakajima, quand elle était plus jeune. Quant à "Megpoid", il s'agit d'une contraction entre "Megumi" et "poid" ("comme un Vocaloid"). Donc son nom veut littéralement dire "Megumi en tant que Vocaloid".
Son design, que ce soit au niveau de son apparence physique ou de sa tenue, est inspiré du personnage Ranka-Lee de Macross Frontier, qui est une jeune fille dont le rêve est de devenir chanteuse. Et rien n'est laissé au hasard puisqu'elle a été doublée par Megumi Nakajima elle-même.

Parmi ses musiques les plus connues, on retrouve entre autres Echo, Mozaik Role ou Fake Fake Psychotropic.

A gauche un artwork original de Gumi, à droite Ranka-Lee.

Ça doit faire un an et demi que j'ai commencé à me pencher un peu sur les Vocaloids car comme beaucoup, j'ai eu un aperçu de cet univers par le biais d'un Fanmade sur Salut Les Geeks. Comme j'avais envie d'en savoir plus (et que je n'avais rien d'autre à faire ce soir-là), j'ai dérivé de vidéo en vidéo pour finir par tomber sur "Luvoratorrrrry!", qui a un clip franchement déconseillé aux épileptiques mais qui possède un rythme super dynamique et entraînant. 
Donc la première fois que j'ai fait connaissance avec Gumi, elle avait précisément cette tête de personnage chibi avec des petites moufles à la place des mains :


Je l'ai tout de suite trouvé très stylée, et comme j'aimais bien la musique j'ai eu la curiosité de regarder la traduction des paroles. Au final, je ne sais pas si c'était une bonne idée car ça parle complètement de cul. En gros, on y raconte l'histoire de deux filles qui se battent pour être aimées et désirées par une machine spécialement conçue pour... Comment dire... "Procréer" ?  

Mais de toute façon, si on s'arrête sur chaque musique à chaque fois que le thème du sexe est abordé, on a pas fini. Ça me fait d'ailleurs beaucoup rire de voir certaines personnes faire leurs petites vierges effarouchées quand elles comprennent que Len parle d'un sujet un peu précoce pour son âge dans "Gigantic O.T.N" (le titre parle de lui-même) ou "+♂" par exemple alors qu'on peut trouver pire, bien pire en fouillant ne serait-ce qu'un peu...
En ce qui concerne Gumi, on peut donc passer de paroles un peu niaises sur l'amour et la romance entre elle et son ami d'enfance à l'histoire d'une femme qui dévore les hommes après les avoir séduit, ou encore d'une envie de vivre une paisible vie de chat au sexe explicite, voire à la prostitution.

Etant donné que les personnages sont virtuels, les clips sont très variés et regorgent de talent et d'imagination. Ils se retrouvent généralement sous la forme de deux biais principaux : 
-Soit par un montage dynamique en rythme avec la musique incluant les paroles qui défilent en même temps (en japonais, ce qui ne nous aide pas vraiment à comprendre), un peu comme ci-dessous, ce qui fait que nos yeux n'ont pas le temps de s'ennuyer même quand la scène représente juste les deux chanteurs assis sur un canapé.

(je vous conseille de l'écouter, elle déchire !)

-Soit par des animations en 3D créées pour la plupart avec le logiciel MikuMikuDance, abrégé en MMD. Ici, le résultat dépend vraiment du temps passé dessus, car on peut autant avoir affaire à des mouvements pas naturels dans un décor vide qu'à des clips super élaborés avec un rendu fluide et superbe, comme ceci :

Clip de "See The Lights" par IA

Toute cette diversité fait que pour peu qu'on apprécie l'écoute de ce genre de musique (car je suis bien consciente que ça ne plait pas à tout le monde), on se retrouve rapidement à avoir un personnage Vocaloid favori. Et ceux qui, comme moi, ont de l'argent à perdre aimeraient bien avoir un bibelot ou une figurine à son effigie pour l'admirer quotidiennement et se la péter auprès des copains.

Sauf que voilà, comme je vous le disais, la France n'est pas très emballée par ce qui vient du Japon, alors on a plus qu'à bien se faire schtroumpfer et prier pour trouver la moindre babiole en convention si le Vocaloid en question ne fait pas partie des quatre "grands" du domaine. Ah c'est sûr, il y a des peluches, portes-monnaie, figurines et plein d'autres trucs quand on aime Hatsune Miku ! Mais pour Gumi, c'est autre chose, et ça m'en fait régulièrement pleurer des larmes de sang.

Ce que n'aura jamais Gumi : une exposition qui lui est entièrement consacrée.

J'ai toujours aimé les goodies mais je dois vous avouer que pendant un bon moment, je ne voyais pas vraiment l'intérêt de payer une petite figurine aussi cher juste pour la poser dans sa chambre. Mais finalement, le fanatisme l'a emporté et m'a fait changer d'avis : mon anniversaire m'a donc fait commander une figurine de la chanteuse aux cheveux verts venant tout droit du Pays du Soleil Levant. 

Et puis de toute façon, la dernière étagère vide de ma chambre commençait à entrer en dépression chronique alors c'était dans mon devoir de la rendre utile (au lieu de cumuler la poussière comme une championne là, rah quel passe-temps idiot).

Une fois la commande passée, comme toute bonne parano qui se respecte, j'avais peur que le colis s'égare dans la nature, que la figurine soit abîmée ou ait des finitions bâclées, que j'aie à payer des frais de douane, qu'on m'envoie le mauvais produit, que mon adresse ait mal été lue, qu'on ait oublié ma commande, que le carton se fasse enlever par des extraterrestres eux-aussi fans de Gumi... Bref, j'avais 1001 raisons de stresser ne serait-ce qu'un chouïa.
Finalement, le colis est arrivé comme une fleur quelques jours en avance un Vendredi (bénie soit La Poste), mais comme les livraisons se font TOUJOURS pendant les heures de cours j'ai dû attendre le Lundi matin pour débouler au guichet comme une demeurée avec toutes les pièces d'identité existantes et l'avis de passage gardé précieusement dans une pochette. 

Je suis repartie toute guillerette avec un carton très encombrant, mais étonnamment léger : je me suis même demandé un instant s'il n'était pas vide. En fait non, il y avait le contenu espéré à l'intérieur, avec du papier bulle non-éclatable (la tristesse), des petits sacs d'air en plastique et du papier journal japonais que j'ai gardé car j'adore collectionner les trucs inutiles.
Donc voilà, pour ceux qui se demandent à quoi ressemble un carton de figurine, ça a cette tronche. L'artwork sur le côté de la boîte est sublime !


La première pensée qui m'est passée par la tête en déballant la figurine c'est "Ouah mais comment je vais la faire tenir sur son socle, elle a l'air tellement fragile !". En fait, comme elle est assez petite et bourrée de détails, rien que de devoir la manipuler quelques instants me faisait angoisser puissance mille. Et surtout, vu ma maladresse légendaire, j'aurais été capable de casser un petit détail en faisant un faux mouvement après l'avoir eu en main trois secondes alors qu'elle s'est tapé des milliers de kilomètres sans broncher. 

La deuxième pensée qui m'a traversé l'esprit peut se résumer en une image.


Pour dire ça avec tact, il est difficile de douter que Gumi se situe en fin d'adolescence car sa croissance est tout de même bien entamée. Ce qui fait qu'on reste un peu scotché face à la taille de ses seins qui semblent être prêts à faire craquer son petit débardeur. 



Au niveau de la taille, elle correspond à mes attentes : la figurine mesure une vingtaine de centimètres.


Par contre ce qui me bluffe vraiment, ce sont les détails poussés au bout du bout, même les ongles sont vernis, et de deux couleurs différentes en plus ! C'est le genre de petit détail qui tue.


Pour résumer mon avis, je suis très contente de cette figurine : il n'y a ni bavure ni omission, elle est de super qualité, les couleurs sont magnifiques et ont des rendus différents suivant les endroits (la peau est mate, tandis que le blouson est luisant), les marques d'assemblage sont presque inexistantes, et même les petits détails sont gérés au centième de millimètre.
Le seul bémol, c'est que le socle en plastique tangue un peu, mais on y fait à peine attention.

Allez, d'autres photos pour observer les détails ?


(les petits anneaux aux bottes sont ce que j'avais le plus peur de casser)



Petit détail très japonais : Le socle est partiellement transparent, ce qui fait qu'on a le reflet de ce qu'il y a sous sa jupe quand on se penche dessus, c'est à dire sous presque tous les angles de vue. Rien n'est laissé au hasard.


D'ailleurs en parlant de ce qu'il se passe sous sa jupe, comme j'avais déjà vu des modèles MMD de la tenue qu'elle porte, je m'attendais naïvement à voir ce que j'avais vu dans les vidéos, c'est à dire un petit short vert comme ceci :


Sauf qu'à ce prix-là, j'avais oublié de prendre en compte le fan-service. Et comme j'assume moyennement de poster ce genre d'images sur le blog, voici un lien pour les curieux un peu pervers qui répond à toutes leurs interrogations. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ont... Le sens du détail ?
Et puisqu'on est dans le thème, voici un autre lien qui montre la petite précision au niveau du t-shirt.

Après la séance photo, il a fallu acheter une cloche en verre pour la mettre en valeur et surtout, pour éviter la malédiction de ma chambre qui est un endroit qui amasse plein de poussière, tout le temps, sans raison. Il doit y avoir un portail dimensionnel à poussière ou un truc comme ça, je ne vois pas d'autre explication. C'est donc après avoir erré dans quelques magasins de décoration que j'ai trouvé mon bonheur avec une cloche assez sobre qui contient une frise de petits cœurs qui semblent pixelisés. C'est un peu niais, mais le rendu est plutôt sympa. 


En résumé, Gumi est superbe et plus vraie que nature ! Les seules choses qui me font dire que c'est une figurine c'est qu'elle est toute petite, qu'elle ne bouge pas et que je l'ai commandée sur Internet. 


Pour conclure cet article et initier ceux qui ne connaissent pas trop cette Vocaloid, voici une sélection de quelques unes de ses musiques. Par contre gardez en tête que ça ne reflète que ce que j'aime, donc ce ne sont pas forcément les plus connues ou les plus appréciées.

Pour accéder à l'intégralité de la playlist, cliquez sur l'icône en haut à gauche.


Par contre, je vous conseille juste d'être prudents avec les musiques que vous appréciez en regardant leurs traductions, car les thèmes un peu hardcore ne sont jamais très loin et on est toujours susceptible de tomber sur des paroles de ce type :

Nice to meet you. Are you my customer today ?
Aah, right, do you have some condoms on you ?
Come, get me wet ; play with my girls ; there, all, done.

There are a few things I want you to note.
Cut your nails, and no falling in love !
You absolutely must comply with these points !
Cast away your pride, all for the money !
[extrait de Soap Lagoon]



Sources :
Figurine Mamama Type GUMI de Megpoid Murmure par Aquamarine, 2014
Wiki Vocaloid, Gumi
Gumi, je t'adore même si tes lunettes rouges semblent complètement inutiles.