"Petite promenade à la campagne", par Kssou K.

L'avis de Pseudo-Mew : "Ton texte est vraiment trop mignon ! Je suis fan ! *délaisse son ordi et part à la campagne prendre une grande bouffée d'air frais*"



C'est les vacances, il fait très chaud, le soleil illuminait le ciel et inondait la Terre d'une pluie de rayon ardents ; tout est tellement lumineux l'été.
Avec mes parents, nous sommes dans notre maison de campagne en plein cœur du Limousin. Celle-ci se trouvait au bord d'une petite route de campagne, au milieu des fermes et des pâturages. Il y avait un grand et beau jardin, rempli d'arbres fruitiers, des pêchers, des pommiers et même un beau et grand cerisier. À côté du jardin, à droite, se trouvait un tout petit bois, coincé entre le chemin, les champs et notre jardin. C'est le plus bel endroit que je connaisse, à la fois reposant, bucolique et tellement tranquille... La journée, les oiseaux semblaient se réunir pour entamer une symphonie de gazouillis, accompagnés par le frétillement des feuilles secouées par le vent. En soirée, on pouvait entendre les hululements des chouettes, un chant tellement mystérieux, qui semble venir de partout et de nulle part. Maman me racontait que quand j'étais plus petit, ces petits bruits nocturnes me faisaient peur, je pensais que c'était un fantôme et presque chaque soir, je dormais avec eux.
Mais ça, c'était bien avant, j'ai sept ans maintenant, je ne suis plus un bébé.

Et cette année, c'est un véritable bonheur pour moi, car mon meilleur ami, Hervé m'a accompagné dans notre maison de campagne. Cela faisait longtemps que mes parents m'avait proposé de l'accompagner avec nous, mais je me disait naïvement que les vacances était faites pour penser à autres choses qu'à nos amis du quotidien, pour voir uniquement d'autres personnes et que j'étais tout à fait capable de me passer de lui. Mais évidement, j'ai beaucoup grandi, et je sais que malgré tout ça, Hervé reste mon meilleur ami et j'ai bien envie de lui faire découvrir notre maison de campagne et de faire plein de choses avec lui.

À l'heure du déjeuner, j'avais à peine fini mon dessert, que j'ai demandé à maman si je pouvais sortir de table avec Hervé. Elle m'a répondu « oui » et a ajouté que si j'allais me promener, je devais bien faire attention de ne pas m'éloigner de la maison. Elle me connaît bien, ma maman car j'avais justement prévu de partir à l’aventure dans le coin pour faire découvrir la région à Hervé.
Nous sommes donc sortis de table et nous avons traversé le jardin. Nous nous sommes quand même arrêtés quelques instants et nous nous somme allongés, pour sentir l'herbe ; comme j'aime cette senteur... cette odeur fraîche, avec cette touche d'humidité et une petite pointe de menthe. Quand je m'allonge dans l'herbe, mes yeux sont à ras du sol et je me sens minuscule, une petite fourmi au milieu d'une prairie entière. Je m'imagine une seconde comme étant une toute petite fourmi perdue dans cette forêt de brins d'herbe, bravant tous les dangers pour rejoindre sa colonie. Je m'oublie et je regarde tantôt le sol, tantôt le ciel, pour savourer chaque instant de ce moment unique...
Mais je n'en reste pas moins un enfant, et comme tout enfant, je déborde d'énergie ! C'est alors que je me suis relevé, plein d'énergie. Hervé en a fait de même, c'est alors que je lui ai empoigné le bras et nous avons couru jusqu'au bout du jardin. J'avait tellement de choses à lui montrer, je voulais l’emmener partout, lui faire découvrir, des choses nouvelles, des sensations uniques pour qu'il n'oublie jamais cette escapade ! Mais par où commencer, la campagne est tellement vaste, il y a tant à voir ! Nous avons décidé d'aller où mes pas me guideront, que se soit à droite, à gauche, tout droit, en arrière... peu importe, tout endroit est bon à explorer.
Nous sommes sortis du jardin pour entrer dans un grand champ d'avoine. Nous marchions droit devant nous au milieu d'une forêt d'épis couleur d'or. Nous regardions partout, fascinés par toute cette étendue d'un jaune pâle et pourtant si vif. Les longues tiges nous arrivaient au niveau des épaules et nous chatouillaient les bras, on ne pouvait pas s'empêcher de rire bêtement à chaque fois qu'un brin d'avoine nous effleurait la peau. Des fois ils nous chatouillent, des fois ils nous caressent ; c'était selon leur humeur... Tout était parfaitement calme, il n'y avait pas de moissonneuse-batteuse, heureusement, ça aurait été dangereux sinon ! Soudain, une petite brise se leva, et les milliers d'épis de courbèrent à droite, à gauche... ils dansaient au rythme de vent. Nous continuions à marcher énergiquement au milieu de tous ces joyeux lurons. On se prenait pour des aventuriers courageux partis à l'autre bout du monde pour aller chercher je ne sais quel trésor ! On imaginait que ce simple champ d'avoine devenait une gigantesque forêt pleine d'animaux inconnus, de secrets cachés et de vieux temples oubliés. À chaque petit bruit, l'un de nous criait « Attention ! Une bête sauvage inconnue » où bien « Regarde ! Un trésor ». Évidement, nous n'imaginons pas trouver un coffre rempli d'or au milieu d'un champ de céréales, mais après tout, il faut bien savoir s'évader un peu ; c'est à ça que ça sert, l'imagination !

Nous nous retrouvâmes d'un coup sur la route. Nous avions traversé tout le champ sans nous rendre compte. Je ne pouvais pas m'empêcher de sourire à cette idée, quand nous y sommes rentrés, il me paraissait si grand... je ne pouvais même pas en voir le bout. Et on à réussi à le traverser en si peu de temps ! Je secouais mes vêtements pour enlever les quelques graines qui y étaient accrochées, Hervé en fit de même, en secouant énergiquement sa chemise. Je n'ai jamais osé lui dire mais j'adorais la couleur de cette chemise, elle est bleu ciel. Magnifique... ce bleu si unique qui teinte le ciel au petit matin, lorsque le Soleil est encore tout juste sous l'horizon, prêt à se lever. Visible qu'à l'aube et au crépuscule, quand nous sommes entre le jour et la nuit, entre l’éveil et le sommeil. Quel bleu !
Mais je n'avais pas le temps de rêver, notre escapade n'était pas encore terminée, le champ d'avoine n'était que l'en-cas ! En face de nous se trouvait une prairie légèrement vallonnée, toute verte. L'herbe s'y étalait presque uniformément comme si le terrain avait été entretenu régulièrement. Un petit troupeau de vaches limousines s'était confortablement installé sur le bord droit du champ, à l'ombre d'un bosquet. Nous les regardions avec curiosité. Elles avaient toutes fière allure. Tout ce petit troupeau nous avait remarqué et certaines vaches nous fixaient avec la même insistance que nous. Papa m'a dit une fois que les vaches sont du genre très curieuses. Quand elles voient quelqu'un qu'elles ne connaissent pas, elles le regardent avec interrogation, ou alors elles vont carrément à la rencontre de ce parfait inconnu. Ici, bien que tout ce petit monde nous dévorait du regard, elles semblaient trop confortables là où elles étaient pour prendre la peine de bouger. Malgré la chaleur certaines vachettes aventureuses allaient brouter en plein Soleil, celles-ci ne faisaient pas du tout attention à nous, elle était trop occupées à se repaître de cette bonne herbe fraîche... Je me demande quel goût ça a, l'herbe...
Hervé m'a donné une tape sur l'épaule. Il me fait comprendre qu'il était temps de partir, il avait bien raison ! C'est pas en regardant les vaches que nous découvririons la campagne. Et puis la route est dangereuse, le voitures passent assez vite en général. Nous sommes donc repartis sous les dizaines de regards curieux des bovins.
Nous avons marché quelques minutes le long de la route et nous sommes tombés sur un bosquet. Nous y entrons sans réfléchir, après tout, pour se perdre dans un bosquet, il faut le faire exprès. C'est fou ce que l'atmosphère a pu changer une fois au milieu des arbres. À l'ombre de ces milliers de feuilles, le temps semblait s'être arrêté. Un parfum de bois humide flottait dans l'air. Au dessus de nous, les feuilles étaient secouées par le vent, comme les épis d'avoine. Nous entendions de temps à autre quelques oiseaux chantonner, nous avions beau les chercher du regard, nous ne les voyons pas. Ils nous appelaient de leur chant mélodieux, tout en étant cachés par les branches et les feuilles. Ils disaient « Nous sommes là ! », « Venez nous trouver si vous le pouvez ». Ils jouaient avec nous. Je levais la tête pour les trouver, mais ils étaient trop bien cachés.
Sans vraiment nous rendre compte, nous aussi on faisait du bruit, nos bruits de pas sur le sol devaient raisonner dans tout le bois. Nous marchions sur des feuilles mortes, qui craquaient sous nos pas, nous écrasons aussi des morceaux de bois, nos pieds heurtaient aussi des cailloux. Nous devons aussi traverser quelques parcelles de hautes herbes et de fougères, quand nous les traversions, on sifflotait toujours, pour effrayer les serpents (surtout les vipères) tapis dans les herbes. Un peu plus loin, nous nous sommes retrouvés devant un gigantesque tronc d'arbre renversé. Ce géant était couché là depuis des années, sans doute, il avait perdu toutes ses feuilles et quelques unes de ses branches. C'est dingue de s'imaginer que cet énorme morceau de bois mort était le plus grand arbre du coin. Qu'est-ce qui à pu lui arriver ? Foudroyé, déraciné par le vent, coupé par les hommes ? Et en plus ça doit faire un choc terrible quand cet arbre s'abat sur le sol, ces tonnes de bois qui s'écrasent par terre lourdement et font trembler tout le bosquet. Pendant ces quelques secondes, où l'arbre meurt, la tranquillité du coin est bouleversée, le tronc de l'arbre craque, il arrache des branches d'autres arbres dans sa chute. Et il s'écrase sur la terre dans un grand tremblement. La forêt vibre, la vie s'arrête, les oiseaux ne chantent plus. C'est terrible de périr comme ça après être monté si haut...
Nous avons escaladé les restes de l'arbre et une fois de l'autre côté, nous avons aperçu la sortie du bosquet. J'ai alors empoigné Hervé par le bras et nous avons couru, pressés de voir quelle surprise nous attendait à la sortie. Une fois dehors, nous nous sommes arrêtés pour observer ce nouvel environnement. Et quel environnement ! Un champ de maïs gigantesque s'étalait sur plusieurs centaines de mètres. Le maïs n'était pas encore mûr mais les épis étaient déjà bien développés. Ils étaient plus grands que nous et étaient assez espacés pour qu'un adulte puisse se faufiler dans le champ. Il n'y avait pas de machine dans le champ.
Sans réfléchir davantage, nous sommes entrés tête baissée dans la forêt de maïs. Les sensations étant encore plus fortes que dans le champ d'avoine. Les épis étaient bien plus grands que nous, on voyait à peine devant nous.... et quand on levait la tête, le ciel était presque complètement caché par le maïs. Pour le coup, je dois admettre que même moi, j'avais un peu peur, Hervé ne semblait pas bien rassuré nous plus. Nous continuons quand même à avancer, malgré la peur grandissante. Nous allions à droite, à gauche, tout droit... Mais plus on avançait, et moins on était rassuré. Enfin, après quelques minutes de marche, je me suis arrêté, je n'en pouvais plus, j'avais trop peur, j'ai donc voulu retourner en arrière et sortir de ce champ au plus vite... mais il y avait un problème, où étions nous passés ? Tout le champ était fait de la même façon ! Par où aller, dans quelle direction ? Pris de peur, j'ai donc commencé à courir à travers les maïs sans me soucier de mon ami, aussi peu rassuré que moi. Partout où j'allais tout les épis se ressemblaient ! Et plus je courais et plus je me perdais ! J'ai songé à un moment partir tout droit, sans jamais tourner, je sortirai forcément du champ, mais où vais-je encore tomber ? Je vais encore m'éloigner de la maison ? Je ne voulait plus partir à l'aventure maintenant, c'est trop dangereux ! Je veux rentrer !
Fatigué de courir, je me suis arrêté et j'ai regardé derrière moi. J'ai constaté avec horreur que Hervé n'était plus là ! Mais c'est pas vrai ! Où est-il passé, j'ai du le distancer en courant, j'étais tellement paniqué que je n'ai rien remarqué. La situation était de pire en pire, maintenant, nous n'étions pas seulement perdus, nous étions aussi séparés ! Hors de question que je sorte d'ici sans Hervé, il compte quand même beaucoup pour moi ! J'ai donc commencé à l'appeler tout en cherchant dans le champ... pas de réponse. Je me suis mis à appeler de plus en plus fort tout en recommençant à courir comme un fou. Toujours rien, il restait muet. Emporté par le désespoir j'ai hurlé de toutes mes forces, comme si en criant plus fort, il allait revenir. Je voulais alerter mes parents, ma famille, mes amis, tout le monde ! Je voulais faire comprendre ma détresse à la Terre entière. J'avais tellement hurlé que j'ai du reprendre mon souffle. J'étais déjà fatigué à force d'avoir couru, mais le fait de crier comme ça m'a complètement achevé. Je me suis assis là et j'ai attendu. Je ne savais plus quoi faire. Je ne sais pas ce qu'il faut faire quand on est perdu en pleine brousse... Doit-on rester là et attendre que l'on vienne nous chercher où bien faut-il marcher tout droit jusqu'à ce qu'on trouve un village, ou un endroit où l'on peu trouver de l'aide ? Cette interrogation tourbillonnait dans ma tête.
Je sais que je ferais mieux de sortir de ce champ pour savoir où je suis mais je n'osais plus bouger. J'avais en moi, cette peur un peu stupide que si je bougeais, le monde s'effondrerait d'un coup. Que le moindre de mes mouvements allait provoquer un cataclysme, comme le battement d'ailes d'un papillon qui provoque une catastrophe à l'autre bout de la planète. Les dangers qui, jusque là étaient les cadets de mes soucis firent surface, et si je me perdais vraiment, et si je sortais du champ et que je croise quelqu'un de louche ? Ce sont ces peurs qui m'empêchaient de bouger.
Soudain, j'entends des pas au loin, des bruits de pas très faibles mais qui se rapprochaient petit à petit. J'ai eu une poussée d'adrénaline. Je me suis levé en un bond, toutes les peurs qui me retenaient se sont amplifiées mais curieusement, je me sentais plus vif que jamais, j'étais près à courir à pleine vitesse pour fuir ce danger inconnu !
J'étais près à partir quand j'ai soudainement entendu mon nom ! On m'appelait, quelqu'un était venu me chercher ! Et je reconnu la voix de... maman ! Je me suis précipité vers là d'où venait le voix et au bout de quelques secondes, je suis tombé nez à nez avec maman ! Enfin, sauvé ! Elle tenait Hervé dans ses bras. Elle s'est alors précipité vers moi à son tour et m'a prit dans ses bras. D'ici, j 'étais au dessus des épis et je voyais tout le champ.
Elle me serrait très fort et n'arrêtait pas de dire « Mon Dieu » et « J'ai eu si peur ». Je ne sais pas qui était le plus heureux ici, moi ou elle ? Alors qu'elle marchait hors du champ, elle me dit :
« Je t'avais dit de ne pas t'éloigner ! Résultat, je te retrouve dans ce champ à cinq cent mètres de la maison ! »
Je m'étais donc éloigné que de cinq cent mètres ? Je pensais avoir fait des kilomètres ! Elle ajouta :
« Tiens, et j'ai retrouvé Hervé qui traînait dans le champ. C'est un vrai miracle que je sois tombé dessus ! On a eu beaucoup de chance ! Je t'ai pourtant dis de faire un peu plus attention à tes affaires... Enfin, ce n'est pas grave, je t'ai retrouvé sain et sauf, c'est ce qui compte...»
C'est alors qu'elle m'a rendu Hervé. C'est vrai, je ne l'avais pas dit, Hervé, c'est mon doudou. Je l'ai eu à ma naissance et c'est mon meilleur ami ! C'est un chouette doudou lapin qui porte une chemise bleue.
Alors que nous nous dirigions vers la maison, maman me disait :
« Tu ne trouves pas que tu es un peu grand pour encore avoir un doudou, à ton âge tu pourrais inviter plus de vrais amis. »
Peut-être que je suis trop grand, mais Hervé a beau être un doudou, c'est mon meilleur ami à moi !