Mon aventure avec un oursin.


Avant de commencer cet article, une note de l'auteure de ce blog :

Avertissement : Je sais que sur mon blog je reçois des visites de gens que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam mais aussi et surtout de ma famille. En temps normal je n'aime pas étaler ma vie privée sur Internet (normal, quoi) mais l'épisode qui va suivre provient tout bêtement d'une conversation que j'ai eu avec Le Psy et celui-ci m'a proposé de l'écrire sous forme d'article. C'est pas plus compliqué que ça.



Alala, que je vais être fière de vous parler de ça, tiens...
Dans la vie, il arrive que l'on se retrouve face à une situation gênante et/ou carrément insolite et débile, et c'est ce qui m'est malheureusement arrivé. Le genre d'histoire que tu ressors en soirée pour amuser la galerie mais dont t'as un peu honte d'en parler quand même, et qui te vaudra une sacré réputation pour les mois suivants (ou dans le pire des cas, les décennies à venir).



"Pseudo-Mew, raconte-nous une histoire !"



Alors, situons-nous correctement dans l'espace-temps (elle est trop classe cette phrase ! Hum bref). Ça s'est passé il y a quelques années, j'me souviens plus trop, deux ans il me semble, en vacances sur les plages qui longent la Méditerranée. Tu sais, là où y'a le sable fin, le soleil, l'absence d'algues vertes dégueulasses, les poissons de toutes les couleurs dans l'eau, le soleil, les serviettes de plage et les parasols dès 7h du matin et surtout le soleil. Tu vois le décor ? Tu le vois ?

Ouais ça là, les paysages que tu vois que sur Thalassa d'habitude.


Donc j'ai passé au moins un été ici. Y'a plein de trucs dans les eaux limpides de la Méditerranée, vous pouvez me croire : au programme, on trouve des baleines, des méduses, des dauphins, des crabes, des poissons, des poulpes, des Bernard l'Hermite (il est trop marrant le nom de ce crustacé, n'empêche. Imagine si l'origine avait été différente : Géraldine l'associable, Jean-Jacques le reclus de la société, etc.) et plein d'autres bestioles.

"Mais qu'il est mignooooooon !" 
[Rf : François Perusse - Nos amis les animaux]

Mais surtout, au fond de l'eau, on trouve des oursins, étranges machins qui ont du s'égarer quelque part dans les obscures méandres de l'évolution. 
Le concept est simple : tu vois les bogues qui contiennent les marrons ? Ben ça c'est pareil mais vivant et en différents coloris. Puis c'est simple d'entretien : ça bouge -presque- pas, ça a pas d'yeux, pas de cerveau, pas de bras, pas de nageoires, mais en revanche ça a une bouche et un anus situé sur le dessus de l'animal... Du crustacé... Du truc (echinoidea pour être précise). Oui, c'est tout.

Simple, efficace, l'oursin c'est l'avenir.

Enfin bref. Comme les couleurs des oursins ne varient pas beaucoup (en tout y'a violet foncé, rouge foncé, vert foncé, marron foncé, bleu foncé, noir foncé) et que celle du sable et des rochers ne varie pas trop non plus (jaune, beige, jaune, beige), avec le contraste ils sont dans le genre faciles à repérer même si ces petits rigolos aiment bien se planquer dans les endroits anguleux des rochers... Sauf quand tous les copains ont déjà pris toutes les cachettes possibles et imaginables. 

Vous ne nous trouverez PAS ! *parodie de Gandalf*

Du coup on remarque que dans les endroits avec peu de fond, il vaut mieux éviter de circuler pieds nus de peur de revenir avec une collection de piquants -et même un oursin entier pour les plus chanceux d'entre vous- sur la plante du pied. Remarque, il est original, le bibelot-souvenir de vacances. Mais l'été on a l'interdiction d'en pêcher car euh... Je sais plus, la raison ne me revient plus. Bah, on verra plus tard.

Mais bon, moi je m'en fiche du danger que peuvent provoquer les oursins, et lors des sorties à la plage, on aime bien aller récupérer ces cactus marins pour les examiner de près car "les piquants bougent et c'est rigolo". Puis après bien sûr, on les remet à l'eau, j'ai pas envie de ramener un truc séché qui pue pour décorer la cheminée du salon. L'art "naturel mais contemporain", ce n'est pas mon dada.

Voici ce qui pourrait égaler l'élégance d'un oursin mort 
exhibé fièrement dans une maison.


[Avertissement : le reste de l'article est hardcore]


Donc cet après-midi là, nous sommes allés chercher trois oursins, car en récupérer des dizaines ça sert à rien. Un petit, un moyen et un gros, respectivement marron, vert et noir. On les a posé sur le rocher à coté de nous, puis on a eu des débats philosophiques à leur sujet :

"Comment on sait si c'est un gars ou une fille ?"
"Ça naît comment, un oursin ? Les piquants sont mous au début ?"
"Est-ce que au moins c'est conscient que ça vit ces trucs-là ?"
"Comment ils font pour s'accoupler ?"...

Tilt.

Voilà, c'était ça la question du jour ! Comment ça se reproduit, les oursins ? La question ne m'était jamais venue à l'esprit auparavant mais en y réfléchissant, c'est vrai que le problème paraissait compliqué.
Donc avec mon cousin, on a essayé un petit stratagème tout bête : et si on en collait deux l'un face à l'autre, ils s'accrocheront l'un à l'autre ? Ou est-ce qu'ils fusionneront façon Dragibus Duo ? 

Le concept est à travailler mais on tient un truc, les gars !

Et c'est ce qu'on a fait, en pensant naïvement que c'était une excellente idée. ERREUR. Celui que j'avais dans la main a visiblement très mal réagi à notre petite expérience.

Alors qu'il ne se passait absolument rien depuis une dizaine de secondes, on a décidé qu'on allait arrêter de passer pour des idiots en collant deux oursins l'un contre l'autre, et qu'après s'être amusés comme des fifous, on allait les remettre dans l'eau, pour qu'ils puissent s'éclater librement et vivre leur vie, c'est à dire s'accrocher sur un rocher et ne rien faire d'autre. (Bah en même temps, la vie d'un oursin est incroyablement trépidante.)

Quand soudain...

SOUDAIN...


Vous voyez la sensation de quand un liquide tiède non identifié vous coule dessus, un peu comme si on vous pissait dessus ? Non, vous ne voyez pas ? Ben moi si, et c'est juste horrible.
Je tourne la tête vers ma main, et là, spectacle digne des plus grands films d'angoisse : l'oursin que je tenais n'était plus noir, mais enduit d'un liquide blanc qui fuyait de partout et abondamment. Je ne vous fais pas de dessin, on sait de quoi je parle.

"Ah oui, ça me revient finalement : l'été, c'est la saison de reproduction des oursins."

Cette image sert de censure mais reste assez explicite.


"Bwaaaaaaaah, mais c'est quoi ça ? Aaaaarg ! Mais va te soulager ailleurs, gros dégueulasse !" 
D'habitude, mes réflexes sont mous, pour ne pas dire quasiment inexistants (un peu comme ceux de Yumi) mais là, la motivation de se débarrasser de cette éponge mal essorée était au rendez-vous. Ni une ni deux, l'oursin a du faire le plus beau vol plané de sa vie, suivi d'un plat bien audible. Splaf.
Je rassure les plus sensibles d'entre vous : oui il a atterri dans la mer, et pas dans les rochers.


Et c'est devant mes cousins hilares que je me rince les mains tant bien que mal dans une flaque, en me disant que ce soir, certes je m'endormirai moins bête, mais je me suis tapée une belle honte. Et que surtout, je ne recommencerai plus jamais, l’accouplement d'oursins c'est pas mon truc. Ne jamais provoquer ces trucs là, jamais. C'est un traumatisme qui peut rester ancré dans votre mémoire pour le reste de votre existence. Mais bordel, au moins vous savez comment font les oursins pour être aussi nombreux ! Le monde n'a plus de secret pour vous !

Se faire violer par un oursin, c'est pas tous les jours que ça arrive, et je vous assure que c'est une expérience inoubliable à partager en famille !
Au passage je pense que j'ai du perdre quelques neurones après ce choc émotionnel. Non, je n'en fais pas trop.





D'ailleurs, pour vous prouver que je n'ai rien inventé, voici l'histoire originale que j'avais écrite dans mon carnet de bord cet été-là. D'ailleurs je vous laisse ici, car cet article est fini. Eh oui, déjà. Et surtout, retenez bien que les oursins sont des gros vicieux !




Pseudo-Mew préfère finalement les Bernard l'Hermite.